Mademoiselle Chambon
Romance de Stéphane Brizé (France)
Un triangle qui ne tourne pas rond, au centre d'une réalisation carrée. Voilà la formule géométrique qui résume Mademoiselle Chambon. Le triangle, amoureux, est composé de Jean (Vincent Lindon), sa femme (Aure Atika) et la maîtresse d'école (Sandrine Kiberlain). Ca ne tourne pas rond. Jean a tout pour êre heureux - une épouse aimante, un métier stable, un enfant adorable - mais toutes ses certitudes s'envolent à mesure qu'il est attiré par l'institutrice. Rien de bien révolutionnaire dans cet imbroglio amoureux. L'intérêt du film réside dans la réalisation, carrée. Stéphane Brizé a choisi de poser sa caméra. Et de laisser scènes et dialogues s'étirer sur la longueur, à l'aide de nombreux plans séquences et d'un montage minimal.
Le jeu des acteurs ressort. Tout est dit, dans les silences et les regards : la frustration de l'institutrice reléguée au rang de maîtresse ; ou encore le malheur cornélien de l'époux obligé de choisir entre deux femmes qu'il aime. La relation entre les deux personnages prend une dimension d'autant plus intense, quand on sait que les deux acteurs sont également ex-époux dans la vie. Loin de moi l'idée de faire du "pipole", le casting est sans doute loin d'être un hasard. Stéphane Brizé réalise là un film subtil et sensible. On vient peut-être de trouver un héritier de Claude Sautet...

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