Ma vie avec Liberace ✔✔
Drame de Steven Soderbergh (USA)
Au départ, il y a quelque chose de gênant dans ce film. On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer, s'émouvoir ou se moquer devant cette cage aux folles ultra-dorée... et ultra-bright! Soderbergh nous dresse le biopic d'une personnalité américaine du music-hall, que peu de Français connaissent : Liberace (prononciation à l'italienne, Zaza Napoli appréciera). Un pianiste virtuose complètement loufoque, sorte de Michou US croisé avec un caniche de compétition et un lustre à paillettes. Tout n'est qu'outrance chez Liberace, depuis le postiche jusqu'au pantoufles brillantes, de quoi faire hurler Cristina Cordula. Le trop est l'ennemi du bien, malheureusement. Trop de paillettes, trop de clichés, trop de manières, trop de blabla, trop de longueurs... la première moitié du film en devient ennuyante et agaçante. On a du mal à accrocher, à voir où Soderbergh veut en venir. Puis les personnages prennent un peu d'épaisseur. Le vernis kitsch finit par s'écailler pour dévoiler une critique du matérialisme des années 80. L'argent ne fait pas le bonheur, les strings argentés et les grosses voitures non plus. Le personnage de Liberace finit par nous émouvoir, victime d'une solitude qu'il ne parvient jamais véritablement à rompre, enfermé dans un personnage irréel qu'il a lui-même créé. Ma vie avec Liberace est aussi et surtout une performance d'acteur(s), formatée pour les Oscars. Mickael Douglas, l'hétéro viril de Basic Instinct, nous surprend en icône gay tout comme Matt Damon qui ressemblerait presque à Patrick Juvet. Le plus drôle étant Rob Lowe en chirurgien esthétique tellement botoxé qu'il en ferait pâlir Arielle Dombasle.
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