Le vilain
Voilà un anti-conte de Noël par excellence. Dans Le vilain, ne cherchez pas des enfants innocents, il n'y a que des adultes coupables. Albert Dupontel est un braqueur de banque, et
s'il décide de revenir chez maman, ce n'est pas pour la magie de Noël, ni pour décorer le sapin. L'effronté vient simplement trouver une bonne planque. Côté esprit de famille, on repassera. Surtout
que la maman en question, c'est Catherine Frot, une vieille bigote pince-sans-rire qui entend remettre son fils dans le droit chemin. Tiens bon la barre, mamie, ça va tanguer. Les deux vont même
chercher à s'entre-tuer ! Original comme cadeau de Noël... Dans ce rapport mère-fils très particulier, on retrouve la causticité de Dupontel. L'ex-humoriste ne s'embarasse pas des bons sentiments.
Et ça fait du bien, un peu d'irrespect (pensez-y entre deux parts de bûche cette année). Très jouissif également, le traitement réservé aux animaux. Une tortue traitée de salope. Des chats mis à la
poubelle. Malgré cet humour sans concession, on se demande si Albert Dupontel ne s'est pas un peu assagi avec le temps (peut-être pour faire plaisir au Père Noël). La réalisation manque parfois de
dynamisme, avec des plans fixes, un grain d'image vieilli et des scènes un peu longues à l'intérieur de la maison. Par instant, Chatiliez et Jeunet pointent le bout de leur nez, alors qu'on ne les
a pas invités à partager la dinde ! ni la farce ! Merci quand même à Dupontel d'avoir écrit ce joli personnage de mère fouettarde, burlesque à souhait, une "saloperie de brave femme" interprétée
par la drôlatique Catherine Frot. Finalement, Le vilain offre un beau cadeau de fin d'année : le rire.
EN BREF : un Dupontel drôle, mais assagi
EN BREF : un Dupontel drôle, mais assagi
Commenter cet article