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25 Oct

Les petits mouchoirs

Publié par Romain Duchez  - Catégories :  #Critiques Archives

Je commence à comprendre pourquoi Guillaume Canet a intitulé son film Les petits mouchoirs. Sans doute parlait-il de ses personnages, si fades et caricaturaux que chaque rôle tient sur une feuille de Kleenex. Marion Cotillard fume des joints, donc forcément elle est incapable de s'engager ; François Cluzet est un patron, donc forcément il est égoïste ; Gilles Lellouche est un macho, donc forcément il est infidèle... Plus le film avance, et plus le malaise grandit. On n'y croit pas à cette bande de potes en vacances. Ça sonne faux et ça sature (comme la guitare de Yodelice). Ils sont tous si différents qu'on peine à penser qu'ils puissent être amis, rangés dans le même paquet de mouchoirs. Alors oui, Guillaume Canet parvient à nous faire rire, par moments, grâce à des répliques bien senties et un Cluzet au zénith de l'humour. Mais ces petits mouchoirs-là, brodés d'or, tranpirent un peu trop l'argent. Avait-on besoin de cette séquence de boudin nautique ? (je parle de l'engin, pas de Marion Cotillard). Et ces plans larges du Cap Ferret sponsorisés par l'Office de Tourisme ? C'est un peu les Bronzés, avec en toile de fond une histoire dramatique pour faire sortir les mouchoirs ! Le ridicule atteint des sommets avec la séquence finale, sur-jouée et larmoyante, digne d'un mauvais théâtre amateur, au son de My Way (pourquoi pas du Mike Brant tant qu'on y est ?). Visiblement Guillaume Canet s'est fait plaisir en filmant sa femme et ses potes. Tant mieux pour lui. Tant mieux pour les millions de spectateurs qui se feront avoir. Et tant mieux pour Yodelice qui dispose de 5 minutes de promo en plein milieu du film (?!§?). Je vous laisse, je vais me moucher...

EN BREF : allez plutôt voir Ne le dis à personne et Mon idole

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Marie 03/11/2010 08:14


Pas tout à fait d'accord. Je ne pourrais pas mieux répondre que par critique interposée. La mienne est parue ce matin dans mon journal (JIR). J'ai donné au film la note de trois étoiles sur quatre.
Je copie-colle :


Sortez les Petits mouchoirs


Le film de potes. Un genre cinématographique difficile à réaliser - dans les deux sens du terme - sans se prendre les pieds dans la pellicule d’un Sautet (Vincent, François, Paul et les autres) ou
d’un Klapisch (Le péril jeune). Mais pour son troisième long-métrage, Guillaume Canet parvient à imposer sa griffe dans un film choral écrit en état de catharsis, à la fois personnel et fédérateur.
Comme dans Ne le dis à personne, la dramaturgie est maîtrisée, les dialogues bien sentis et fluides, toujours sur le fil du rasoir, pour que le spectateur oscille entre rires et larmes. Dans le
genre désopilant, on retiendra un Cluzet en traqueur de fouines obsessionnel et, plus émouvant, Magimel en gay naissant. Cette alternance du tragique et du comique, à l’image du lâcher-retenu du
danseur, donne à voir un film bouillonnant sur un refrain de Mes amis, mes amours, mes emmerdes. Des Petits mouchoirs cousus de fils d’or et servis par quelques pépites pour la bande-son (Ben
Harper, Nina Simone, Janis Joplin, Antony & the Johnsons…). Bien sûr, le réalisateur a su s’entourer de ses potes, un casting césarisable dont la complicité rejaillit à l’écran au point que
l’on a envie de s’attabler à leurs côtés. Marion Cotillard en globe-trotteuse instable, François Cluzet, en nabab sujet au “burn-out”, Benoît Magimel, le bon père de famille tentant son coming-out…
Canet esquisse des personnages un brin caricaturaux mais tellement attachants. Ils ressemblent à nos amis, ils nous ressemblent dans nos faux-semblants. En levant le voile sur ces mensonges qui
restent d’habitude enfouis au nom du groupe et de l’amitié, Guillaume Canet appuie (parfois un peu trop fort) là où ça fait mal, mais c’est aussi l’occasion d’une introspection pour chacun devant
et derrière l’écran. Sans cette fin beaucoup trop lacrymale, où la sensibilité flirte avec la sensiblerie, ce film fleuve (2 h 34) où coule beaucoup de sentiments aurait été un Grand
mouchoir.
Marie Payrard


Romain Duchez 03/11/2010 09:14



Marie, je constate quand même qu'on se rejoint sur certains points... "personnages un brin caricaturaux" et "fin beaucoup trop lacrymale"... La différence, c'est que tu as réussi à être touchée
par ces personnages. Pas moi ! Le film est globalement maîtrisé, c'est vrai. Mais tout cela manque de finesse et de nuance, dans l'histoire comme dans la réalisation. Guillaume Canet aurait pu
faire preuve d'un peu plus d'humilité... (dans le genre film de potes, je préfère Avant qu'il ne soit trop tard de Laurent Dussaux, sorti en 2004, avec Emilie Dequenne
et Frédéric Diefenthal).



?? 30/10/2010 15:40


Je vais voir ce film en pensant à ta chronique, mais pas que...!!!
J*


Romain Duchez 30/10/2010 17:17



J'ai hâte de connaître ton avis alors ...



Cocotte 28/10/2010 19:32


J'en ai toujours, pour mes allergies...;-)


Cocotte 28/10/2010 18:07


Donc pas besoin d'en prendre, alors, des Kleenex? huhu


Romain Duchez 28/10/2010 19:28



Ah si tu es émotive et que ce genre d'intrigue te parle... prend une caisse de mouchoirs !!! (au pire t'en passeras à tes voisins dans la salle !!)



Géraldine 27/10/2010 09:55


Assez d'accord avec Romain, pourtant j'ai beaucoup ri mais franchement la fin est nulle, mélo, larmoyante et pas crédible du coup...
En revanche, je suis presque arrivée à croire à leur amitié à certains moments mais je regrette quand même que ce soit encore une fois un film de mecs, quand on parle d'amitié c'est plutôt du côté
des hommes et mis à part Marion Cotillard, les autres filles sont quasi insignifiantes dommage je trouve ! Par contre Cluzet est vraiment un grand, il sauve sûrement le film à lui tout seul !


Romain Duchez 27/10/2010 13:39



Tu as raison Géraldine de souligner le côté "film de mec"... hormis Marion Cotillard, les femmes servent de faire-valoir dans ce film... dommage... (exemple : la femme de Magimel, insatisfaite,
qui passe ses nuits sur les sites de cul... euh désolé là, mais y'a vraiment qu'un mec pour imaginer cette scène !!!). Et c'est vrai aussi que Cluzet est énorme dans ce film. Je n'avais jamais
vraiment mesuré son potentiel comique.



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