Mardi 4 octobre 2011
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Petits conseils aux futurs parents qui liront cet article (et ils sont nombreux, je le sais!). N'appelez surtout pas votre enfant Kevin, sa santé mentale en dépend. Mettez sous clef votre Destop,
vous pourriez y perdre un oeil. Et surtout, évitez d'inscrire votre minot au tir à l'arc à la rentrée, c'est beaucoup trop dangereux. Toutes ces consignes, Eva aurait mieux fait de les
suivre. Elle se retrouve aujourd'hui seule, face à ses doutes et sa tristesse, rejetée de tous. We need to talk about Kevin, c'est l'histoire d'une mère brisée. Son
fils a commis des atrocités impardonnables, la société la rend coupable d'avoir enfanté le diable. Eva finit même par considérer que tout est de sa faute. Il faut la voir nettoyer sa
maison taguée, tout autant qu'elle essaie de laver son honneur. Avec une très grande justesse, la réalisatrice britannique Lynne Ramsay s'interroge sur la responsabilité parentale. Jusqu'où
une mère peut-elle être tenue pour responsable des actes de ses enfants ? L'éducation peut-elle tout expliquer ? Et si certains enfants étaient naturellement mauvais ? En plus de nous faire
réfléchir, la cinéaste nous émerveille avec sa réalisation si soignée. L'image est teintée de la couleur rouge, et de toute la symbolique qu'il y a derrière (l'amour, le sang, la honte, la
colère, le fer...). Tilda Swinton, l'actrice principale, confirme tout le bien que l'on pense d'elle. A la fois anéantie et courageuse, elle capte toute la complexité de son personnage.
We need to talk about Kevin est un film fort, qui méritait un accueil bien meilleur à Cannes.
EN BREF : dur dur d'être maman
Par Romain Duchez
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Mardi 4 octobre 2011
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Il y a des jours comme ça où l'on a envie de faire sa midinette. On préfère écouter un bon vieux Britney plutôt que le dernier album d'Abd Al Malik, feuilleter Voici plutôt
que Courrier international, regarder Sexe entre amis plutôt que Le cochon de Gaza... Levons toute ambiguïté : Sexe
entre amis est une comédie potache teintée de romantisme screu gneu gneu, bref une daube américaine infâme. L'histoire ? Une femme et un homme décident de coucher ensemble, en
toute amitié, puis finissent par tomber amoureux. Un sujet pas du tout vu et revu (cf la longue liste des films qui commencent par le mot "sexe"...). Le réalisateur, Will Gluck, est
parvenu à faire un film aussi classieux que son nom ; il suffit de se référer à l'affiche où Justin Timberlake et Mila Kunis simulent un coït avec leurs doigts. En même temps, les
Américains ne sont pas connus pour leur subtilité débordante. Les deux comédiens principaux sont beaux, et c'est tout ce qu'on leur demande. Pas de Golden Globe ou d'Oscar à l'horizon (enfin
j'espère!). Et malgré tout cela, je l'avoue, j'ai passé un agréable moment. Qu'il est bon, parfois, de voir un navet, dans un multiplexe de zone industrielle, tout en mangeant un pot géant
de pop corn. Je me suis même surpris à rire à des blagues si mauvaises qu'elles semblaient avoir été écrites par Patrick Bosso et Popeck réunis. Un gamin qui rate ses tours de magie, ça vous
fait rire vous ? Ben moi, beaucoup. Conclusion : à moins d'être sérieusement névrosé ou atteint du syndrôme du 12ème degré, n'allez surtout pas voir ce film !
EN BREF : une comédie romantico-porno-pathétique
Par Romain Duchez
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Lundi 3 octobre 2011
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C'est l'histoire d'une jeune fille qui plie, mais ne rompt pas. Sarah, alias la brindille (toujours plus agréable comme surnom que la plante verte, non ?) se promène dans la vie avec
légèreté et insouciance, jusqu'au jour où elle apprend qu'elle est enceinte. De six mois. De personne. Trop tard pour avorter, trop tôt pour assumer. On s'attend alors à voir un film
sur le déni de grossesse, avec congélos et tutti quanti. Que nenni. Cette brindille s'agite sous nos yeux de spectateurs pour nous questionner sur la maternité. Etre mère tient-il de l'inné ou de
l'acquis ? Est-il inhumain de ne pas aimer le petit être qui grandit sous son nombril ? Quoi qu'en disent nos cours de SVT, toutes les femmes ne sont pas faites pour avoir des enfants. Sarah en
est le parfait exemple. On ne saura pas ses motivations réelles, son portrait comporte quelques zones d'ombres. Après tout, ce n'est qu'une brindille, ainsi en a décidé la réalisatrice
Emmanuelle Millet. Du coup, il faut un peu de temps pour s'apitoyer et compatir, l'émotion ne surgit véritablement qu'au moment de l'accouchement (le calvaire, devrait-on dire). Dans le rôle
principal, Christa Théret est très convaincante. L'ado prépubère de LOL est devenue une jeune femme complexe. A noter, parmi les seconds rôles, la présence de la
toujours très juste Anne Le Ny qui gère un centre de maternité avec ouverture et droiture. A l'image de son titre, La brindille est un film délicat qui, sans doute, se
fera oublier ; toutefois, il a le mérite d'évoquer avec finesse l'un des rares sujets encore tabous de notre société.
EN BREF : un événement pas très heureux
Par Romain Duchez
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Lundi 3 octobre 2011
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22:50
La nouvelle guerre des boutons n'a de nouvelle que le nom. Tout dans ce film hume la naphtaline, la colle Cléopâtre et autres odeurs du passé. On nous promettait un
remake de La guerre des boutons d'Yves Robert (1961), il faut surtout y voir une resucée des Choristes (2004). Mêmes personnages, mêmes
acteurs, même époque, même lieu de tournage... le réalisateur n'est pas allé jusqu'à embaucher une chorale pour la BO, la ficelle aurait été trop grosse. Après s'être perdu dans les ruelles
mélodramatiques du Faubourg 36, Christophe Barratier a sans doute eu besoin de rassurer son producteur, Thomas Langbusinessman. Il a donc repris, un à un, les
ingrédients qui avaient fait le succès de son premier film, Les Choristes (plus de 7 millions d'entrées). Mais la fraîcheur n'est plus là. Un gamin qui entonne
"Maréchal, nous voilà", ça fait rire la première fois, ça ne fait que sourire la deuxième. Gérard Jugnot et Kad Merad cabotinent ; à croire que les acteurs ont simplement accepté de
tourner avec Barratier par amitié, tant ils ne semblent pas croire eux-mêmes en leurs personnages secondaires. Le scénario est pensé comme un produit marketing, avec ce qu'il faut d'humour et
d'amour pour plaire à la ménagère, sans oublier la petite intrigue dramatique autour d'une petite fille juive pourchassée qui va tirer quelques larmes au spectateur (après lui avoir tiré 8€50 de
manière éhontée). D'accord, le cinéma est un business, mais a-t-on vraiment besoin que cela se voit autant à l'écran ?!
EN BREF : Les Choristes 2, le retour
Par Romain Duchez
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Lundi 19 septembre 2011
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22:02
Pape ou pas pape ? Telle est la question. Le cardinal Melville, religieux discret et discipliné, se retrouve un jour dans le fauteuil du Souverain Pontife. Et là, c'est la totale déprime.
Impossible de se montrer au balcon de la place Saint-Pierre, un psychologue est même appelé en urgence pour régler le problème. Pas très catholique, ni même orthodoxe, cette histoire ! A l'heure
où tout le monde veut être président de quelque chose, Nanni Moretti nous dresse le portrait d'un homme qui refuse les honneurs et fuit les responsabilités. Ce personnage complexe est
interprété par le quasi-divin Michel Piccoli, capable de jouer la peur et la crédulité en un seul regard. A travers ce film fin et émouvant, le réalisateur italien démystifie la religion.
Sous les soutanes rouges, se cachent en effet... non non, arrêtez avec votre esprit mal tourné ! Je disais donc : sous les soutanes rouges, se cachent en effet des êtres humains, tout à fait
normaux. Le conclave, par exemple, c'est comme l'élection des délégués de classe. Nombreux sont intéressés, mais comme il s'agit d'une trop lourde responsabilité, tout le monde vote
pour celui qui n'a rien demandé ! Il est amusant, également, de voir les cardinaux se chamailler comme des gosses lors d'une partie de cartes ou d'un tournoi de volley-ball (oui oui, j'ai bien
dit volley-ball !). Pour autant, pas de quoi boire le calice jusqu'à la lie, cette comédie douce-amère souffre de certaines longueurs. Dès que le propos s'éloigne du cardinal Melville, on
s'ennuie ferme. Et surtout, on ne comprend pas toujours où le réalisateur veut en venir, nom de Dieu ! Au nom du père, du fils et du septième art. Amen.
EN BREF : Michel Piccoli est une pape-star !
Par Romain Duchez
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