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03 Oct

Les deux amis ✔

Publié par Romain Duchez  - Catégories :  #Critiques 2015

Les deux amis ✔

ROMANCE / De et avec Louis Garrel (France). Avec également Vincent Macaigne.

LE PITCH / Clément, un mec gentil au physique pas très accrocheur, tombe amoureux de Mona, la jolie serveuse mystérieuse du Crousti'Pain de la gare du Nord. Un peu en galère, Clément demande de l'aide à son pote Abel, le beau gosse ténébreux au blouson de cuir marron. Vous la sentez l'embrouille ? Abel drague Mona pour Clément sauf que Mona se jette sur Clément. Manquent juste une cafét' et des rires enregistrés pour que l'on se croie dans un épisode d'Hélène et les garçons.

Les inrocks, Télérama et Les cahiers du cinéma ont aimé ce film. Tiens donc, vraiment étonnant ?! Ce long-métrage m'a fait repenser à la chanson de Renaud sur ces gens qui vivent das les beaux quartiers, qui adorent Vincent Delerm et qui votent toujours écolo. Les deux amis est un pur film de bobo, sur des bobos, pour (uniquement?) des bobos. En même temps, Louis Garrel reste fidèle à lui-même puisqu'il est l'archétype du bourgeois bohème. On doit trouver des posters de lui dans nombre d'appartements du Marais à Paris et de la Croix-Rousse à Lyon.

J'ai ressenti comme un grand vide en voyant ce film. Un courant d'air, à la fois plaisant et insignifiant, qui est passé dans la salle de cinéma mais dont il ne me reste plus grand chose aujourd'hui quand j'écris ces quelques lignes. C'est une nouvelle version du triangle amoureux (voire même du triolisme) avec des personnages fades et insupportables. La fille canon qui ne sait pas ce qu'elle veut, le beau gosse complètement désinvolte qu'on a envie de secouer, le mec relou qu'on veut tarter dès qu'il ouvre la bouche. Je n'ai aucune empathie pour les héros, ce qui n'aide pas à apprécier le film.

Crédit photos : © Ad Vitam

Crédit photos : © Ad Vitam

Et puis, reste gravée cette impression qu'il ne se passe rien. Pendant une heure et demie, on voit les deux amis et la jeune femme se balader dans les rues, prendre les transports, aller à l'hôtel, boire des coups... Mona retourne en prison tous les soirs comme si elle rentrait dormir chez mamie. Rien ne semble grave. Des bobos sans bobos. Tout cela dans quel but ? Pour raconter quoi ? Il semble que Louis Garrel nous livre une réfexion sur l'amitié. Mouais, je ne suis pas très convaincu. Ou alors je n'ai pas la même conception de ce noble sentiment. Abel et Clément sont censés être des amis de longues, pourtant on ne sent aucun lien véritable entre eux. Il manque un brin de sincérité pour croire en cette amitié tumultueuse.

Le talent de Louis Garrel, le charisme de Vincent Macaigne et la luminosité de Golshifteh Farahani ne rattrapent pas la faiblesse du scénario. La qualité de la bande-son (sans nul doute validée par Les inrocks) ne fait pas oublier le manque d'épaisseur des caractères. Des amis comme ceux-là, qu'il soient deux ou bien plus : non merci !

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